Cosmétologie unguéale

Hygiène, soins et vernis
L’attention que portent les femmes aux soins de l’appareil unguéal
est ancienne. La mode des ongles longs semble nous venir de Chine.
Avant 1900, le polissage des ongles permettait de leur donner un
aspect brillant, et ils étaient alors colorés grâce à divers pigments.
La découverte de la nitrocellulose a permis la naissance du vernis
moderne dans les années 1920, et les faux ongles sont apparus en
1935 aux États-Unis. Aujourd’hui, la cosmétologie unguéale se
développe, comme toutes les techniques qui permettent d’améliorer
l’image de soi ou sa perception par les autres.
Il nous est nécessaire de connaître les techniques de soins et la
composition des cosmétiques à la disposition de nos patients. Ceci
nous permet de les conseiller, mais aussi de comprendre les effets
secondaires et les complications que les soins ou les cosmétiques
sont susceptibles d’induire.
TECHNIQUES ET PRODUITS DE SOINS
DE L’APPAREIL UNGUÉAL
¦ Manucurie de base
Dissolvants
La manucurie débute par l’élimination du vernis coloré ou de faux
ongles avec un dissolvant. Le solvant est souvent l’acétone. Les
dissolvants sans acétone ont l’avantage de dégager une odeur moins
désagréable. En dehors du solvant, un certain nombre d’additifs
peuvent être ajoutés. Les lipides sont utiles pour réduire la
déshydratation de la tablette. On peut aussi trouver des écrans
solaires, des vitamines, des protéines, des conservateurs, des
colorants et des parfums. Les réactions cutanées secondaires à
l’application de dissolvants sont rares. Leur effet desséchant sur
l’épiderme est bien connu. Ils peuvent être responsables d’une
dermite d’irritation. La possibilité d’une dermite aiguë toxique a été
soulignée [11]. Le rôle des dissolvants dans la survenue d’une fragilité
unguéale a été démenti.
Soins des cuticules
Ils donnent un contour régulier et harmonieux à l’appareil unguéal.
Certaines manucures utilisent un « éliminateur de cuticules » qui
facilite leur ramollissement [8] et l’élimination des « envies ». Les
substances actives des produits éliminateurs de cuticules sont des
solutions aqueuses alcalines [5]. Ces produits peuvent contenir des
émollients ou humectants, dont le but est de retarder l’évaporation,
d’augmenter la viscosité, et de réduire l’irritation provoquée par les
substances alcalines des conservateurs, des parfums et parfois des
agents épaississants. Les repousse-peaux permettent de désolidariser
la cuticule et le repli postérieur de la tablette [8]. Les manucures
utilisent un bâtonnet de bois, une spatule métallique ou de
porcelaine. La pince à cuticules permet d’éliminer mécaniquement
l’excès de kératine. L’élimination mécanique des cuticules provoque
une pression répétée de la région matricielle et peut être à l’origine
de sillons de Beau ou de leuconychies transversales multiples (fig 1).
La contamination bactérienne du repli ou du cul-de-sac postérieur
par des instruments souillés peut être responsable d’un périonyxis
aigu [5].

Nettoyage de l’hyponychium
Il est réalisé avec l’extrémité effilée d’un bâtonnet de bois protégée
par un coton [8]. Le nettoyage excessif, trop fréquent ou trop appuyé
de la région hyponychiale peut être à l’origine d’une onycholyse
parfois totale (fig 2). La région proximale du décollement a une
forme irrégulière, découpée en arcades ou en « montagnes russes ».
Cet aspect caractéristique et la constatation d’un lit unguéal normal
permettent d’évoquer le diagnostic.
Décoloration de la tablette
On peut enlever facilement une coloration exogène (henné, tabac,
coloration jaune des vernis...) par ponçage et polissage délicats de la
surface de la tablette avec une ponce bloc à grain très fin et un
polissoir.
Façonnage de la tablette
Le port d’ongles courts et leur façonnage régulier, si possible réalisé
après une hydratation de la tablette, limitent les risques de fractures
post-traumatiques. La tablette unguéale est d’abord coupée avec des
ciseaux, ou avec une pince à ongle lorsqu’elle est très longue [5]. Le
façonnage à la lime est ensuite réalisé par la manucure, une forme
rectangulaire, arrondie, ovale ou en pointe pouvant être choisie en
fonction du goût de chaque cliente. La forme arrondie est plus
pratique dans la vie courante et protège au mieux les ongles des
microtraumatismes [8].
Ponçage de la tablette
Des ponces blocs à grain très fin permettent d’égaliser la surface de
la tablette, d’éliminer les crêtes longitudinales, les granulations et
les colorations inesthétiques provoquées par l’utilisation des vernis
(fig 3). Le ponçage de la surface de la tablette doit être effectué
délicatement, à des intervalles espacés (6 à 8 semaines au moins)
pour ne pas l’amincir excessivement.
Polissage de la tablette
Il permet d’obtenir un aspect laqué apprécié de ceux qui souhaitent
avoir des ongles brillants sans application de vernis [8]. On peut
utiliser une crème à polir et un polissoir en peau de chamois ou un
polissoir à plusieurs faces. Le polissage excessif peut provoquer des
traumatismes de la région matricielle, à l’origine de sillons de Beau
ou de leuconychies.
Massage et soins de l’appareil unguéal
Huiles et crèmes de soins contiennent des émollients dont le but est
l’hydratation de l’appareil unguéal et la prévention d’une fragilité
de la tablette. Les crèmes sont aux mieux appliquées après
l’hydratation de la tablette unguéale.
¦ Vernis à ongles
La fabrication des vernis à ongles est une opération délicate et
dangereuse à cause de la manipulation de nitrocellulose susceptible
d’entraîner une explosion [21].
Composition des vernis
Le vernis comprend : le film qui est composé de nitrocellulose, de
résine et de plastifiants ; les solvants ; les additifs et enfin les
colorants [20].
· Nitrocellulose (15 à 20 %)
La fabrication d’un vernis repose sur la nitrocellulose dont la
dissolution est réalisée dans des solvants organiques. La
nitrocellulose forme un film dur, résistant, dont l’adhésion à l’ongle
est excellente. Ce film trop rigide doit être modifié par adjonction de
résines et de plastifiants.
· Résines (5 à 10 %)
Elles augmentent la solidité, l’adhésion, la souplesse et le brillant
d’un vernis à base de nitrocellulose. La résine toluène sulfonamide
formaldéhyde est la plus couramment utilisée. Elle est souvent
responsable de dermites de contact allergiques aux vernis. Les
résines alkydes ou glycérophtaliques sont employées pour la
réalisation de vernis « hypoallergéniques ». On trouve aussi parfois
des résines acryliques. L’utilisation de résines polyuréthanes en
dispersion acqueuse est plus récente.
· Plastifiants (3 à 5 %)
Leur rôle essentiel est d’assouplir le film de nitrocellulose qui serait
trop cassant, mais ils améliorent aussi le brillant des vernis (phtalate
de dibutyle, camphre, esters de l’acide citrique).
· Solvants et diluants (70 %)
Les solvants permettent de contrôler la viscosité, la vitesse
d’évaporation et le temps de séchage du vernis. Les fabricants
utilisent un mélange de plusieurs solvants (acétate d’éthyle, de
butyle, d’isopropyle, d’isobutyle). Les diluants sont destinés à
réduire le coût de fabrication des vernis et ils permettent également
de réduire et de stabiliser leur viscosité et de contrôler leur vitesse
de séchage [20]. Ce sont des solvants organiques miscibles avec les
solvants de la nitrocellulose. Un mélange d’alcools et
d’hydrocarbures aromatiques est en général employé. Le toluène et
l’alcool isopropylique sont les plus utilisés (on peut aussi retrouver
l’alcool éthylique, butylique ou le xylène). Le toluène tombe
actuellement en disgrâce auprès du public et des fabricants et tend
à être remplacé par des esters de l’acide acétique.
· Colorants et pigments (1 %)
Ils donnent la couleur aux vernis. Les fabricants utilisent des
pigments minéraux (dioxyde de titane, oxydes de fer rouge, jaune et
noir), ou des laques organiques qui donnent des couleurs vives
généralement appréciées [18]. Les vernis transparents peuvent aussi
contenir des pigments qui leur donnent une teinte discrète. La
1 Sillons de Beau et leuconychies
dus à l’élimination
mécanique des cuticules.
2 Onycholyse liée au nettoyage trop appuyé de l’hyponychium.
3 Pigmentation de la
tablette due aux pigments
des vernis (le majeur a été
poli afin d’éliminer la pigmentation
inesthétique).

guanine, extraite des écailles de poissons, utilisée par le passé
comme agent nacrant, est remplacée par les micatitanes dont l’effet
est plus spectaculaire (effet bicolore ou multicolore) et le coût
moindre. L’utilisation de pigments thermochromes, qui changent de
couleur en fonction de la température, et de pigments photochromes
dont la teinte varie en fonction de la lumière, offrent de nouvelles
possibilités.
· Agents thyxotropes (1 %)
Ils permettent la dissolution des pigments dans le vernis [20]. En
l’absence de ces agents, le pigment surnage à la surface du vernis.
Les agents thyxotropes le plus fréquemment utilisés sont des argiles
modifiées. Les billes métalliques sont progressivement abandonnées.
· Additifs
Les filtres ultraviolets sont généralement utilisés pour éviter la
coloration et la détérioration des vernis. Les paillettes de métal ou
de plastique peuvent être mises en suspension dans les vernis pour
donner des effets particuliers.
Divers types de vernis
· Bases et fixateurs
La modification des concentrations respectives des divers
constituants des vernis permet d’obtenir des produits dont les
caractéristiques sont variées. La base contient plus de résine pour
favoriser la tenue. Elle protège aussi la tablette des dyschromies
jaune orangé provoquées par certains pigments des vernis. Le
fixateur a une teneur accrue en nitrocellulose et en plastifiants pour
renforcer la solidité et le brillant.
· Vernis « hypoallergéniques »
Leur but est de permettre aux femmes allergiques à la résine toluène
sulfonamide formaldéhyde ou au toluène de porter un vernis à
ongles. Les vernis dits « hypoallergéniques » contiennent en général
une résine polyester qui remplace la résine toluène sulfonamide
formaldéhyde habituelle. Les qualités des vernis à base de résine
polyester sont cependant moins bonnes. La tenue, le brillant et la
durabilité de ces vernis sont réduits. Le toluène est parfois remplacé
par d’autres solvants.
· Vernis de soins
Il s’agit de vernis classiques modifiés par l’adjonction de substances
dans le but d’améliorer les qualités de la tablette. De nombreux
vernis traitants sont proposés par les fabricants à des fins
commerciales. Ils contiennent divers additifs dont l’intérêt reste à
démonter (vitamines, protéines, huiles, calcium....).
· Vernis durcisseurs
Les durcisseurs à base de formaldéhyde sont souvent responsables
d’effets secondaires qui restreignent leur utilisation [14, 16]. Les
durcisseurs sans formaldéhyde sont des vernis classiques qui
contiennent des aminoacides soufrés censés renforcer le réseau de
kératine, ou des fibres de Nylont en suspension qui permettraient
d’accroître la résistance mécanique de la tablette. Certains
durcisseurs contiennent des résines acryliques.
· Autres vernis de soins
La pose d’un vernis comporte en général l’application de quatre ou
cinq couches successives : une couche de base, deux couches de
laque colorée, et une ou deux couches de fixateur. La législation en
vigueur dans la Communauté économique européenne depuis 1998
impose aux fabricants de préciser la composition exacte de leurs
vernis.
Complications des vernis
Les allergies de contact provoquées par les vernis sont le plus
souvent dues aux résines [4] (toluène sulfonamide formaldéhyde en
général, polyester plus rarement) [22]. Elles sont multifocales et
siègent préférentiellement au niveau du cou et des paupières [5]. La
sensibilisation survient par contact du visage ou des paupières avec
le vernis alors que celui-ci n’est pas encore sec. Chez les sujets
allergiques, l’application très prudente du vernis semble possible si
on prend soin de le laisser sécher complètement. Des cas isolés de
sensibilisation à la nitrocellulose, aux pigments, ou aux agents
thyxotropes ont été rapportés (billes métalliques). Les solvants,
diluants, plastifiants et autres composés des vernis ont un potentiel
de sensibilisation qui reste théorique. Les vernis durcisseurs à base
de formaldéhyde sont responsables de la majorité des onychopathies
sévères provoquées par les vernis (onycholyses, hémorragies et
hyperkératose sous-unguéale). En dehors des eczémas périunguéaux,
les onychopathies secondaires à l’application de vernis
non durcisseurs ne sont pas très gênantes : les granulations forment
de petites crêtes punctiformes ou filiformes à la surface de la
tablette, qui provoquent une fragilité superficielle et sont
consécutives à des dépôts de résine ou de nitrocellulose. Le
jaunissement de la tablette est attribué à certains pigments (fig 3).
¦ Extensions ou « faux ongles »
Les manucures choisissent le type d’extension qu’elles utilisent en
fonction de la formation qu’elles ont reçue et de la rapidité de mise
en oeuvre. Les deux techniques donnent des résultats esthétiques
excellents dans les mains d’opérateurs entraînés. La pose de dix
ongles demande environ 1 heure [8].
Faux ongles préformés
Capsules de plastique préformées (fig 4)
Il s’agit d’un faux ongle de plastique moulé collé sur la tablette.
Cette méthode est souvent complétée par l’application d’un renfort
acrylique. Les capsules de plastique sont en ABS. La colle utilisée
pour fixer ces capsules au lit de l’ongle est généralement une colle
cyanoacrylate. En cas de sensibilisation aux colles, lésions cutanées
et onychopathie sont souvent associées. Les erreurs techniques (mise
en place de faux ongles trop longs, polissage excessif de la tablette,
persistance d’air entre la capsule et la tablette, port trop prolongé
des capsules) peuvent entraîner une onychopathie isolée. Une seule
observation rapporte le cas d’une dermite de contact allergique
provoquée par une capsule. La sensibilisation cutanée aux colles
cyanoacrylates peut s’accompagner d’un périonyxis douloureux et
d’une dystrophie unguéale (rugosité, fissures, déformation et
coloration de la tablette) persistante. Le ponçage excessif peut être à
l’origine d’une abrasion responsable d’une infection cutanée [5].
L’amincissement de la tablette peut être responsable d’une fragilité
unguéale, et les traumatismes matriciels provoquer des sillons de
Beau ou des leuconychies. La présence de bulles d’air entre la
tablette et la capsule offre un espace susceptible d’être colonisé par
des levures ou des bactéries (Pseudomonas aeruginosa). L’occlusion
contribue probablement à la survenue des complications attribuées
aux colles, car elle facilite la pénétration des toxiques à travers la
tablette, l’onycholyse (fig 5), la prolifération mycobactérienne et la
fragilité unguéale (fig 6). La pose des capsules à la base de l’appareil
unguéal et un port trop prolongé sont déconseillés. La mise en place
de capsules dont l’extrémité est trop longue favorise le décollement
de la tablette (fig 5), car l’extrémité du faux ongle forme alors un
bras de levier. Les colles cyanoacrylates permettent une adhésion
très solide qui explique la survenue possible d’une onycholyse aiguë
mécanique.
4 Faux ongle préformé (capsule).

Ongles acryliques sculptés
· Méthode classique
La réalisation d’ongles acryliques sculptés requiert un opérateur très
entraîné [8]. La technique dérive de celle utilisée pour la réalisation
de prothèses dentaires acryliques. Une poudre (polymère du
méthacrylate de méthyle), mélangée à un liquide (monomère de
l’acide méthacrylique), permet la confection d’une pâte qui va servir
à modeler le faux ongle et celui-ci va polymériser à l’air libre. Un
agent de mordançage facilite l’adhésion de la résine à la tablette
unguéale.
· Gels
Le principe est le même que pour la méthode classique. Le mélange
poudre-liquide réalisé par le fabricant ne contient pas d’activateur.
Des gels de couleurs variées sont disponibles et permettent d’obtenir
une « couleur » qui ne s’écaille pas. La polymérisation est induite
par les ultraviolets ou la pulvérisation d’un activateur spécifique.
· Complications
Elles sont surtout le fait des monomères qui entrent dans la
composition des liquides utilisés pour la méthode classique et des
gels photopolymérisables [6]. Les lésions cutanées (périunguéales ou
à distance de l’appareil unguéal) et l’onychopathie sont
fréquemment associées en cas de sensibilisation. La possibilité d’une
destruction définitive de l’appareil unguéal et de paresthésies
prolongées est une particularité de la sensibilisation aux esters de
l’acide méthacrylique [6]. L’onychopathie peut comporter :
périonyxis, onycholyse [5], hyperkératose sous-unguéale, dyschromie
(fig 7) et hapalonychie. Les erreurs techniques sont responsables
d’une onychopathie isolée dont les causes sont semblables à celles
décrites dans le paragraphe consacré aux ongles préformés. Les
complications liées au ponçage, à l’occlusion ou à la longueur
excessive du faux ongle on été décrites précédemment.
Renforts et kits de réparation
Ils sont destinés à réparer une fracture de la tablette ou à renforcer
la résistance d’une capsule. La technique des gels acryliques permet
d’obtenir ce résultat. Des kits de réparation facilement utilisables
par les consommateurs comportent un support de papier, de tissu
(soie, lin) ou de fibre de verre et un gel ou une résine préparée
extemporanément [5]. On découpe un morceau de tissu qui est
appliqué sur l’extrémité de l’ongle à renforcer. La résine est
saupoudrée à la surface de l’ongle réparé et la pulvérisation d’un
activateur liquide permet d’activer la polymérisation. Le polissage
du renfort et l’application d’une laque colorée rendent invisible la
réparation.
¦ Prothèses unguéales
Elles peuvent être proposées aux patients qui ont perdu leur
dernière phalange.
¦ Intérêt des techniques de cosmétique et de soins dans
la prise en charge des pathologies unguéales
Les pathologies unguéales chroniques ou cicatricielles peuvent
bénéficier de l’aide de la cosmétologie. Il n’est pas logique de
proposer à un patient une technique pour masquer ses lésions avant
d’obtenir un diagnostic précis, car une fissure unguéale peut être le
témoin d’une fragilité unguéale mais aussi d’une tumeur ou d’une
cicatrice matricielle post-traumatique. Les pathologies infectieuses
sont des contre-indications aux soins de manucure et à la pose de
faux ongles, car les instituts ne stérilisent pas leurs instruments et
peuvent éventuellement contaminer d’autres clients. L’application de
vernis colorés peut être intéressante pour les patients qui présentent
des anomalies de coloration de la tablette provoquées par une
affection qui touche le lit de l’ongle ou la tablette (onychomycose,
psoriasis du lit de l’ongle). Le ponçage et polissage délicats et
parcimonieux permettent de corriger les anomalies de la surface de
la tablette (coloration jaunâtre des vernis foncés, « grains de kératine
», ongles rugueux ou trachyonychie) et d’éviter l’accrochage des
vêtements en cas d’onychoschizie. La pose de faux ongles est
rarement recommandée. Elle est déconseillée en cas de pathologies
infectieuses ou inflammatoires (pénétration percutanée accrue des
produits et risque de phénomène de Koebner en cas de psoriasis).
Elle est théoriquement possible en cas de pathologies cicatricielles et
post-traumatiques, mais nécessite la présence d’un résidu de tablette
qui permet l’adhésion du faux ongle. La meilleure indication est
sûrement l’existence d’une fissure unguéale longitudinale ou d’un
ptérygion dorsal localisé. Les renforts pour ongles sont utiles à la
correction des fractures ou d’une onychoschizie lamellaire.
EFFETS INDÉSIRABLES DES COSMÉTIQUES
ET DES SOINS
¦ Évaluation du risque
Certaines références permettent d’évaluer la fréquence des effets
secondaires des cosmétiques utilisés pour les soins de l’appareil
unguéal. Les études publiées par les dermatologues concernent en
général les dermites allergiques de contact. Plusieurs études
s’accordent pour classer les cosmétiques unguéaux dans la gamme
des produits fréquemment impliqués dans les effets secondaires
induits par les cosmétiques [1, 4]. L’incidence des réactions secondaires
d’un cosmétique dépend aussi du nombre d’unités vendues. Le
rapport de la Food and Drug Administration, publié en 1975, a
étudié le nombre d’effets secondaires qui lui ont été rapportés par
les consommateurs en fonction du nombre d’unités vendues [15].
L’index de risque des cosmétiques à usage unguéal a été évalué
comme bas, avec risque de survenue d’un effet indésirable pour plus
de 750 000 unités vendues. Pour la majorité des auteurs, les dermites
allergiques de contact sont le plus souvent provoquées par les
5 Onycholyse induite par
des faux ongles préformés.
6 Surinfection bactérienne liée à la présence de bulles
d’air lors de la pose de faux ongles préformés.
7 Onycholyse, hyperkératose sous-unguéale et dyschromie
(hémorragies sous-unguéales) après la pose de
faux ongles sculptés.

résines, résines aryl sulfonamides des vernis (résine toluène
sulfonamide formaldéhyde) ou par les monomères liquides (esters
de l’acide méthacrylique) utilisés pour la confection de faux ongles
modelés. Les effets secondaires provoqués par ces cosmétiques ont
parfois des conséquences médicosociales sérieuses. Une étude
récente porte sur 18 cas d’allergies aux vernis à ongles : les réactions
cutanées ont engendré arrêts de travail (9/18), hospitalisations
(4/18), changements de postes de travail (2/18) et pertes d’emplois
(2/18) [13].
¦ Toxicité systémique
Des accidents industriels et domestiques, parfois mortels, peuvent
être secondaires à l’ingestion accidentelle de cosmétiques à usage
unguéal [9]. C’est dire l’importance d’une prévention adaptée
(fermeture par des bouchons spéciaux, étiquetage).
¦ Risques infectieux
Il est urgent que le législateur s’intéresse aux conditions d’hygiène
qui prévalent dans les salons de manucurie où l’asepsie des
instruments n’est pas contrôlée. Le risque de transmission d’agents
infectieux (virus de l’immunodéficience humaine [VIH], hépatite C
et B, herpès virus, champignons) n’a pas été évalué, et le principe
de prudence impose à notre avis la stérilisation des instruments
(pinces à cuticules, pinces à ongles) ou l’utilisation de matériel à
usage unique (limes à ongles, repousse-peaux). En l’absence de
législation, le médecin doit conseiller à ses patients d’apporter leur propre
matériel.
¦ Réactions cutanées extraunguéales
Toute la gamme des effets secondaires cutanés est théoriquement
observable : dermite de contact toxique et/ou irritative, dermite de
contact allergique (eczéma, rarement urticaire de contact). D’autres
réactions plus rares sont possibles (purpura, paresthésies...). Il est
admis que les cosmétiques sont plus souvent responsables de
dermites d’irritation que d’eczémas allergiques de contact, ces
derniers ne représentant pas plus de 10 % du total des effets
secondaires observés. Les régions le plus souvent atteintes, par ordre
de fréquence, sont les suivantes : cou, partie inférieure du visage,
paupières, mains. D’autres atteintes sont plus rares : face antérieure
du tronc, oreilles, lèvres et canthus oculaires, région périnéale,
membres. L’atteinte cutanée périunguéale est fréquente. Les lésions
sont souvent localisées sur plusieurs zones, mais exceptionnellement
généralisées. L’atteinte cutanée extraunguéale (ectopique) est parfois
isolée [5] ; ceci est classique pour les vernis mais peut être observé
avec d’autres substances (résines acryliques utilisées pour la
confection des faux ongles par exemple).
¦ Onychopathies
Toutes les structures de l’appareil unguéal peuvent être lésées par
les cosmétiques ou les soins utilisés pour l’embellir. La plupart des
onychopathies sévères sont provoquées par les vernis durcisseurs [16]
et les faux ongles [6]. Les complications liées aux vernis colorés sont
essentiellement cutanées. L’atteinte cutanée périunguéale est
probablement plus fréquente qu’elle n’était censée l’être, puisque
Liden et al retrouvent cette localisation chez 11 des 18 patients qui
présentent une allergie à des vernis à ongles ou des durcisseurs.
Pour certains, l’atteinte cutanée périunguéale serait même la plus
fréquente. Les onychopathies secondaires aux erreurs de manucurie
sont probablement plus fréquentes que ne le laisse supposer la
littérature.
Ongles fragiles
La fragilité unguéale qualifie des ongles cassants, fissurés,
dédoublés, fins, mous, ou bien encore friables. Le préjudice est
d’ordre esthétique mais aussi fonctionnel (gêne à la préhension fine,
accrochage des vêtements). L’incidence des ongles fragiles est
voisine de 20 %, avec une prédilection féminine. Ce problème
concerne probablement plusieurs millions de Françaises.
L’onychoschizie lamellaire distale (fig 8) et les fractures
longitudinales distales (fig 9), associées à l’hyperstriation
physiologique, sont les formes les plus fréquentes. Elles répondent
à un traitement symptomatique qui associe mesures de protection et
soins cosmétiques. L’onychorrhexie, la trachyonychie, une friabilité
superficielle, une fissure longitudinale ou une onychoschizie
proximale imposent la recherche d’une étiologie dermatologique ou
systémique dont la découverte permet le traitement adapté.
DÉFINITIONS
Les ongles fragiles se cassent facilement et peuvent présenter une
ou plusieurs des anomalies suivantes :
onychoschizie :
– l’onychoschizie distale (fig 8) désigne le dédoublement
lamellaire transversal de l’extrémité distale de la tablette. Cette
variété d’onychoschizie est en général de cause exogène ;
l’onychoschizie proximale désigne le dédoublement longitudinal
de la tablette, d’origine matricielle ;
– l’onychoschizie proximale qui désigne un dédoublement
lamellaire longitudinal de la tablette peut témoigner d’un lichen
plan unguéal, d’une sarcoïdose ou de l’effet secondaire d’un
médicament (rétinoïdes) ;
ongles fissurés :
– les fractures longitudinales et distales (fig 9) accompagnent
souvent les ongles striés (simple accentuation du relief
physiologique de la tablette, onychorrhexie, trachyonychie) ;
– les fractures transversales sont souvent traumatiques ;
ongles friables : la fragilisation de la surface de la tablette unguéale
peut entraîner sa désagrégation progressive (crumbling). Ce
phénomène peut être observé au cours des onychomycoses ;
ongles fins ou hapalonychie : l’amincissement de la lame unguéale
entraîne une fragilisation de celle-ci. Le lichen plan et la prise de
rétinoïdes entraînent une hapalonychie ;
ongles mous : ils sont amincis et translucides. L’hydratation
unguéale accentue le phénomène ;
ongles striés : l’accentuation du relief physiologique est habituel
avec l’âge. On parle d’onychorrhexie lorsque la tablette est
parcourue de fins sillons longitudinaux parallèles. En cas de
trachyonychie, la lame est « grésée », comme passée au papier de
verre ou au jet de sable.
8 Onychoschizie lamellaire distale.
9 Onychorrhexie et fracture longitudinale distale.

ÉTIOPATHOGÉNIE
La solidité de la lame unguéale est inhérente à l’organisation de ses
divers constituants [12, 19]. La résistance des onychocytes est liée à la
rigidité du réseau de kératine solidifié par les ponts disulfures.
L’espace intercellulaire semble être le point faible et le siège des
fractures. La flexibilité de la tablette diminue avec son taux
d’hydratation, alors que sa fragilité augmente [23]. L’extrême
perméabilité de la tablette est la conséquence de sa faible teneur en
lipides et explique sa déshydratation rapide, responsable d’une
fragilisation après des immersions répétées.
L’onychoschizie lamellaire distale a été la mieux étudiée [19]. La
séparation entre les cellules semble secondaire à un défaut du
cément intercellulaire qui peut voir sa formation, sa composition ou
ses fonctions d’adhésion altérées de manière constitutionnelle ou
secondairement à des affections variées [17]. Le rôle des facteurs
exogènes (physiques, chimiques) dans la dissolution du cément
intercellulaire semble essentiel [12]. Ces facteurs exogènes peuvent
aussi révéler l’existence d’une fragilité constitutionnelle du ciment
qui a d’autant plus de facilité à s’exprimer que la vitesse de pousse
unguéale est ralentie. L’altération des onychocytes et du réseau de
kératine rend compte de certains cas de fragilité [23].
ÉTIOLOGIES (tableau I)
Les étiologies des ongles fragiles sont dominées par des facteurs
exogènes (séquences répétées d’hydratations et de déshydratations,
traumatismes, contacts avec des agents chimiques) qui exercent leurs
effets délétères directement sur la tablette. L’influence de ces facteurs
externes est facilitée par le vieillissement matriciel physiologique
et/ou une prédisposition génétique. Une fragilité unguéale est plus
rarement l’occasion de découvrir une affection dermatologique
(lichen plan, psoriasis) ou systémique (sarcoïdose). Parmi les autres
causes classiques de fragilité unguéale, il faut citer les troubles
vasculaires périphériques (syndrome et maladie de Raynaud), les
anomalies endocriniennes (dysthyroïdies) et les anomalies
métaboliques. Du fait de la fréquence des ongles fragiles, il est
difficile de se faire une idée de la relation qu’entretient la fragilité
unguéale avec certaines affections (polyglobulie, pemphigus,
amylose).
L’aspect sémiologique donne parfois des éléments qui permettent
d’orienter le diagnostic vers une étiologie particulière. L’accentuation
des reliefs de la tablette est physiologique avec l’âge.
L’onychorrhexie doit faire rechercher une affection dermatologique.
La trachyonychie est souvent idiopathique, mais doit faire
rechercher une pelade, un psoriasis ou un lichen plan.
L’onychoschizie lamellaire distale est pratiquement toujours
d’origine exogène (occupationnelle), alors que l’onychoschizie
proximale doit faire rechercher une étiologie dermatologique (lichen
plan, sarcoïdose) ou médicamenteuse (rétinoïdes). Des fractures
longitudinales distales ou des encoches de la tablette accompagnent
généralement les ongles striés. Une fissure longitudinale
monodactylique doit faire rechercher une tumeur matricielle.
TRAITEMENT
¦ Traitement symptomatique
Il représente l’essentiel de la prise en charge des fragilités
« occupationnelles » (onychoschizie lamellaire distale) ou
secondaires au vieillissement de la matrice unguéale (fractures
longitudinales distales associées à l’hyperstriation physiologique).
Mesures de protection
La protection de l’appareil unguéal contre l’humidité, les agents
chimiques et les traumatismes est indispensable chez les
professionnels exposés ou les femmes au foyer [19]. L’utilisation de
gants de coton sous les gants protecteurs n’est pas toujours facile à
obtenir. Les crèmes barrières peuvent alors être utiles.
Cosmétique et soins de l’appareil unguéal
Il faut limiter la fréquence des lavages de mains (trois à cinq par
jour) chez les patients qui se lavent les mains trop fréquemment
(plus de dix fois par jour) [19]. On conseille l’utilisation de lotions qui
permettent un nettoyage des mains sans rinçage (Cétaphilt,
Tolériane gel dermonettoyantt) ou de lingettes préhumidifiées.
L’application d’une crème hydratante (alpha-hydroxy-acides,
phospholipides...) après les contacts avec l’eau limite la perte en eau
après l’hydratation de la tablette. Les ongles doivent si possible être
coupés courts, les bords arrondis et limés après un bain. Le polissage
de la surface permet de réduire certaines irrégularités et les
pansements pour ongles peuvent être proposés pour réparer des
fissures distales et limiter ainsi l’accrochage des vêtements. Les
vernis sont plutôt bénéfiques, mais il faut éviter leur utilisation
pendant la période de traitement local. Les durcisseurs à base de
formaldéhyde doivent être appliqués seulement sur le bord libre de
la tablette.
¦ Traitements « systémiques »
Plusieurs études récentes semblent montrer l’intérêt de la vitamine
H dans le traitement de l’onychoschizie lamellaire distale (Biotinet,
deux comprimés matin et soir pendant 3 mois).
¦ Traitement étiologique
Il est nécessaire quand la fragilité unguéale témoigne d’une affection
dermatologique ou systémique. La corticothérapie générale peut être
indiquée pour traiter une onychorrhexie ou une onychoschizie
proximale secondaire à un lichen plan. La corticothérapie
intralésionnelle est parfois justifiée en cas d’onychoschizie proximale
ou de trachyonychie psoriasique ou lichénienne paucidactylique. La
biopsie doit être discutée chaque fois qu’une fissure longitudinale
monodactylique fait suspecter une tumeur matricielle (tumeur
glomique, mélanome malin...). Le curetage superficiel de la tablette
permet l’examen mycologique et le traitement des friabilités
Tableau I. – Étiologies des ongles fragiles.
· « Occupationnelles » (2) · Iatrogènes
Agents chimiques (vernis, huiles, solvants) Postopératoire
Eau (cycles hydratations/déshydratations (1)) Radiothérapie
Traumatismes (traumatismes aigus et chroniques) Médicamenteuses
· Climatiques Ciclosporine
Climats secs (1) D-Pénicillamine
· Dermatologiques Rétinoïdes
Maladie de Darier · « Physiologique »
Lichen plan (1) Âge (1)
Lichen striatus Prédisposition génétique (1)
Onychomycoses (1) · Psychiatriques
Onychomanie (1) Anorexie mentale
Onychophagie (1) Boulimie
Pelade · Rhumatologiques
Pemphigus Arthropathies dégénératives (1)
Psoriasis (1) Ostéomalacie
Sarcoïdose Polyarthrite rhumatoïde
Tumeurs · Toxiques
Carcinome spinocellulaire Arsenic
Kyste mucoïde · Vasculaires
Mélanome malin Raynaud (1)
Tumeur glomique Artériopathies
Tumeur filiforme hyperkératosique
sous-unguéale (1)
Verrue vulgaire
· Divers
Amylose
Maladie du greffon contre l’hôte
Polyglobulie
Endocriniennes/métaboliques
Carence en fer (1)
Hypothyroïdie/hyperthyroïdie
Malnutrition
(1) Les étiologies les plus fréquentes sont mentionnées en gras et en italique.
(2) Activités professionnelles et de loisirs.

superficielles mycosiques. Il peut être complété par l’application
d’une solution filmogène antimycosique. Le ponçage et polissage
délicats de la surface de la tablette permettent d’éliminer les
granulations de kératine secondaires à l’application de vernis et
réduisent certaines anomalies superficielles de la tablette
(dépressions ponctuées, trachyonychie). Il faut néanmoins se méfier
d’un ponçage agressif ou trop fréquent qui aggrave la fragilité
unguéale. Les techniques de psychothérapie comportementale
aident les patients qui présentent une onychomanie. D’autres
thérapeutiques sont plus rarement utiles : inhibiteurs calciques
associés aux mesures de protection chez les patients qui présentent
un syndrome de Raynaud sévère, correction d’une carence
métabolique, nutritionnelle, d’anomalies endocriniennes ou de
troubles psychiatriques selon le contexte.
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